Des texans qui ne jouent pas de country !

Des texans qui ne jouent pas de country !

Attention chef d’œuvre…
J’utilise rarement ce terme souvent galvaudé, mais là je ne m’en suis pas encore remis. Cette rondelle est d’une beauté désarmante, il faut qu’on le fasse savoir. Et pourtant Midlake revient de loin… En effet, après trois albums lumineux, les américains étaient en train de finaliser leur nouvel production lorsque Tim Smith, leur leader historique qui incarnait la singularité même du groupe, décide de quitter le navire. Dépressif et torturé, mécontent d’un « Seven Long Suns » quasi bouclé fin 2012, l’ornithologue de formation part retrouver ses chers oiseaux.

midlake
(2013 – Bella Union – PIAS)

Le coup laisse évidemment les quatre survivants en apnée. Pourtant, deux alternatives s’offrent à eux, continuer l’album quasiment fini ou repartir de zéro. C’est cette seconde solution qui est retenue et, sous la houlette du guitariste Eric Pulido, les texans repartent courageusement en studio. Ce qui aurait pu représenter au mieux le chant du cygne, au pire un ratage monumental  faute de s’être cru plus malins qu’ils n’étaient, est probablement la plus belle preuve qu’un tel revirement d’orientation peut fonctionner !

L’album est effectivement différent des précédents, il reste cependant très solaire mais beaucoup plus progressif. Souvent psychédélique avec notamment des chansons aux mélodies aériennes très abouties et insufflant une mélancolie tenace. Plus rythmé, un chouille plus saturé et parfois plus costaud, Midlake trace son nouveau chemin en s’appuyant toujours sur des références très « soft rock seventies ». Les harmonies sont extrêmement riches, parfois surprenantes, mais toujours empruntes d’un feeling incroyable, même si elles sont moins folk que ses devancières, ce qui n’est pas pour déplaire. Et même la voix de Pulido ne fait pas que jouer les remplaçantes, magnifiquement habillée de claviers ou de flûtiaux lumineux. Il y a du Alan Parsons là dedans (« The Old And The Young » ou « It’s Going Down ») du Floyd psychédélique (l’instrumental « Vale » ou « Antiphon »)  ou encore du Moody Blues (« This Weight »)…

Alors oui, Midlake est devenue un autre groupe, mais qui a su transcender une situation difficile pour y trouver l’énergie nécessaire à développer une personnalité différente, mais toujours aussi forte. Je vous jure, cet album est incroyablement beau, tenez vous le pour dit !


lien Youtube > le meilleur morceau de l’album
lien Spotify > album complet


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7 thoughts on “Des texans qui ne jouent pas de country !

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